La vie de Saint Maroun et l’Eglise Maronite

Aux alentours de l’an 400, vécut dans les montagnes de Syrie un ermite du nom Maroun, dont les disciples formèrent le noyau initial de l’Église maronite. Près du lieu de sa mort, s’édifia un grand monastère qui devint rapidement un centre spirituel pour les chrétiens locaux. L’Église maronite accepta le concile de Chalcédoine et fut même persécutée pour cela au cinquième siècle. Elle n’est donc pas une Église monophysite.

Dans sa retraite, Maroun découvrit que sa vocation était de vivre avec le peuple. Il redescendit pour vivre avec son peuple et lui enseigner la vraie doctrine. Ses disciples augmentèrent en nombre. Ils prirent son nom et se nommèrent Maronites. Maroun est mort en 410. Ses disciples continuèrent sa mission. En 451, au concile de Chalcédoine, ils se tiennent à des positions claires et avec le Concile, ils soutiennent que le Christ est Dieu et homme à la fois, ayant deux natures: divine et humaine.

Les libanais du Mont-Liban s’étaient convertis à la fin du 5e siècle au Christianisme grâce à quelques disciples de saint Maroun et devinrent Maronites. Leurs relations avec le patriarcat de Constantinople devenant difficiles, ils furent contraints d’élire eux-mêmes leur propre Patriarche; ce fut saint Jean-Maroun, en 687.

Les Patriarches n’ont bâti ni grandes églises, ni châteaux. Ils n’ont laissé ni œuvres d’art ni universités. Leur plus grande œuvre: un peuple croyant. Il bénit quand il est insulté, il supporte quand il est persécuté et quand il n’en peut plus, il porte le flambeau et passe d’un endroit à un autre.

A partir du VIIème siècle, la conquête musulmane (636) réduisit progressivement les Chrétiens du Moyen-Orient à une minorité. En revanche, les maronites du Liban réussirent à conserver une certaine autonomie grâce à leurs liens avec Byzance, avec l’Occident et avec les autres minorités du Mont Liban. Après la Première Guerre mondiale qui mit fin à la domination turque, le Liban fut placé sous mandat français. Celui-ci expira le 22 novembre1943 avec la déclaration de l’Indépendance.

L’église Antiochienne Maronite est catholique, de rite oriental. Aucune différence dogmatique ; la différence est tout simplement rituelle. Sa langue liturgique est le syroaraméen, langue sémitique, parlée durant l’Antiquité dans tout le Proche-Orient et qui survit à travers le syriaque.

Saint Maroun, prie pour nous. Amen.